Xin nian hao !
23 jan 12
07 jan 12
Un ami m’a offert la réédition de l’ouvrage Bobin-Boubat “Donne moi quelque chose qui ne meure pas”.
Du bonheur. Un texte de Christian Bobin qui “accompagne” des photographies tellement généreuses d’Edouard Boubat, “Celui-qui-prend-soin-des-invisibles” comme l’auteur du “Très bas” le qualifie.
Un extrait, simplement pour partager : “… sourire des pauvres, patience des gens de peine : leurs visages caressés par Boubat sont visages de nobles. Sans cette lumière qu’ils donnent à leur insu à ceux qui les approchent, il n’y aurait rien à voir dans ce monde, il n’y aurait même pas de monde. Ces gens ne laissent jamais de trace. Leur grand oeuvre c’est le quotidien rugueux et nécessaire. Chaque soir cela s’efface, chaque matin il faut reprendre. Par leur courage à vivre ils permettent à la vie de tenir – simplement tenir. Les peintures de Rembrandt ou Van Gogh ne sont que des copies de ces gens-là. Les originaux sont encore plus éblouissants. Il suffit d’aller voir dans la rue ou de faire ses courses au magasin”.
22 déc 11
Dégoût.
On l’avait compris, le Ministère Public ne voulait pas de cette “affaire” et donc, il a tout fait pour que le “procès de la chaussette” soit étouffé :
• limitation des investigations au seul bureau n°4
• limitation des investigations sur les fausses signatures de vrais électeurs absents mais pour lesquels “on” a voté et signé le registre
• limitation des auditions et des débats ….
Bref, pour le Ministère Public – ceux qu’on qualifie de “magistrature debout” mais qu’il faudrait plutôt qualifier “au garde à vous” – “l’affaire” se résume à l’imbécillité de Georges Garcia, Président du bureau 4 : “le pooovre, il a pas fait exprès, c’est un imbécile …”
Quant à la Vice Présidente du bureau, Marie Madeleine TJOYAS, elle s’en sort avec les félicitations du jury : pour elle comme pour lui, les fausses signatures c’est pas eux, même s’il n’y a qu’eux qui ont eu la possibilité matérielle de les faire et avec les stylos dont l’encre a été identifiée. C’est pas eux puisqu’ils disent que c’est pas eux !!!
Bon. Encore une fois, on s’en doutait après l’audience du 1er décembre. Le nouveau Procureur a soulagé sa conscience dans son réquisitoire, à la Ponce Pilate :”ce n’est pas moi, c’est mon prédécesseur qui a “salopé” le travail, mais bon, moi je continue dans sa ligne et je m’en lave les mains en montrant que je ne suis pas dupe …”
Colère.
Lors de l’audience du 1er décembre, nous avions eu droit à de grandes leçons de morale de la part du Président : l’exemplarité du procès pénal, sa rigueur et sa technicité.
Bon. Je trouvais pour ma part que son résumé et son instruction de l’affaire n’était ni exemplaire, ni rigoureuse, ni technique …Il posait des questions aux inculpés et leur répétait la réponse qu’ils avaient donnée au juge d’instruction ???
Bon.Je trouvais que sa critique à l’encontre du Conseil d’Etat était mal venue et surtout, en méconnaissance complète du Droit : le juge administratif est le seul Juge de l’élection et sa technicité n’est pas à mettre en doute (même pour faire plaisir à tel ou tel) ???
Bon. Je trouvais qu’en tant que gardien vigilant du respect de la procédure –ainsi qu’il s’était défini-, il aurait pu arrêter Me Cohen, l’avocat de la “parte civile” Jean-Paul ALDUY, lorsqu’il s’était mis à plaider pour la défense, allant même jusqu’à demander la relaxe ???
Bref, j’espérais néanmoins que dans le secret et la réflexion du délibéré, le Tribunal en viendrait à tirer les conséquences juridiques, techniques, rigoureuses de l’audience à laquelle ils venaient d’assister : le “Deus ex machina”, le “grand absent” comme le qualifiait le Procureur, n’était pas sur le banc des inculpés… Mais pour autant, il n’était pas davantage sur celui des parties civiles !!!
Honte.
C’est une honte que le Tribunal ait fait comme si tout s’était passé normalement.
C’est une honte que le Tribunal ait cautionné le grand numéro de clown de Me Cohen venant réclamer l’euro symbolique tout en plaidant la relaxe des inculpés.
C’est une honte d’avoir laissé faire au cours de l’audience cette ultime pression sur les inculpés, leur montrant que Jean Paul ALDUY ne se serait constitué partie civile que pour venir en renfort de leur défense … des fois que les deux inculpés auraient des velléités de sincérité ???
C’est une honte pour le Droit et la Justice, pour la rigueur, la technicité et l’exemplarité du Droit pénal, pour le respect de la procédure…
A ce niveau là, ce n’est plus des magistrats du siège dont il faut parler, mais de magistrature couchée.
13 déc 11
Bon.
Hier soir, réunion de la section PS de Perpignan.
Il y avait du beau monde, la Présidente du Conseil Général des P.O. et deux de ses ouailles, le Président et un Vice Président de la Région Languedoc Roussillon.
Tous réintégrés maintenant, suite à l’épisode des Régionales (exclusion des frechistes) pour faire l’Union autour du candidat François Hollande.
Christian Bourquin succède à Christian Bourquin en qualité de Secrétaire de la section de Perpignan.
Il y avait eu précédemment un Conseil fédéral au cours duquel le premier fédéral (vice président du CR) réintégré a succédé à lui même .
Bon.
Organisation de la campagne présidentielle – c’était l’ordre du jour.
Elle sera faite autour et par les candidat(e)s CG et CR aux législatives.
Donc un “quadrillage” législatif de la campagne présidentielle.
Bon.
Présentation des candidat(e)s fraîchement réintégré(e)s et des thèmes un peu nationaux et un peu locaux, de leurs campagnes respectives.
Anecdotes des président(e)s CG et CR contre le candidat UMP sur la 3…
Critique des accords nationaux EELV ou Front de Gauche par le candidat, pas encore candidat, mais à nouveau premier fédéral, sur la 1.
Bon.
Tout est en ordre de marche pour la campagne présidentielle au PS 66.
L’équipe de campagne de François Hollande doit être satisfaite par cette organisation.
Bon, tout va bien alors.
10 déc 11
Chère petite agence de notation,
Pour Noël, je voudrais …euh … que tu m’oublies, que tu restes enfermée derrière tes grilles d’analyse financière pendant que nous, de l’autre côté, on réapprendrait l’humanité.
Voilà.
Que tu restes dans ton monde de flux virtuels tandis que nous restons sur terre, et non plus à terre…
Dans notre monde à nous, il y a des arbres, des rivières, des mers et des montagnes. Il y a des animaux et des humains … et des vies humaines. Il y a la vie, et elle est tellement courte, même pour toi d’ailleurs, ma petite agence de notation.
Alors, arrête de te prendre pour ce que tu n’es pas et de te prendre pour le Père Fouettard.
Tu sais, il en est de toi comme du Père Noël : tu n’existes que si on croit en toi.
Et toi, c’est sûr, on ne croit pas en toi.
01 déc 11
Alors, voilà.
Une audience programmée à 14h avec deux autres affaires…et donc des débats abrégés qui se sont limités à la lecture de ce qui avait été dit au cours de l’instruction …
Un Président qui ne veut surtout pas qu’on reparle du Conseil d’Etat et de la “fraude massive”: nous sommes au Tribunal Correctionnel et il s’agit d’imputer à des auteurs et/ou complices les seuls faits qui ont fait l’objet d’une ouverture d’enquête par le Procureur de l’époque.
Donc, pas une enquête sur “la fraude massive” jugée définitivement et sans conteste par le Conseil d’Etat, mais seulement celle sur le bureau n°4, sa chaussette et ses fausses signatures.
Bon.
L’avocat de la partie civile Jean-Paul ALDUY qui se trompe de rôle (?) et se transforme en avocat de la défense des deux prévenus… Les deux avocates de la défense, un peu surprises qu’on leur souffle leur plaidoirie sous le nez, et essayent quand même d’assumer leur rôle …
???
Un nouveau Procureur qui assume le principe d’unité du Ministère Public, demande la relaxe et une condamnation symbolique sur le fondement de l’absence de preuves … dont la recherche incombait au Ministère Public, et donc à son prédécesseur…
???
Bon.
Délibéré au 21 décembre.
Pas de commentaire.
Simplement renvoyer chacun à sa conscience, et chaque acteur judiciaire de ce procès à sa conception du bon accomplissement de sa mission.
Moi, demain, un étudiant dont je dirige la thèse depuis quatre ans, va soumettre son travail à un jury lors de la soutenance.
On va parler de droit, ça va me faire du bien.
29 nov 11
Bon, voilà. C’est jeudi 1er décembre que vont être jugés deux protagonistes de «l’affaire de la chaussette». Le Président à la chaussette, et la Vice –Présidente du bureau n°4.
Des bulletins et des enveloppes cachés dans les poches et dans la chaussette…
Pourquoi dans la chaussette ?
La Juge d’instruction lui a demandé :”puisque vous saviez que la police allait arriver, pourquoi avoir mis les enveloppes dans votre chaussette ?”.
“Je pensais qu’ils ne me fouilleraient pas les chaussettes” a t-il répondu …
Un dépouillement qui s’effectue dans une panique savamment organisée, tout est irrégulier.
Une garde à vue dans les locaux de l’école, un nouveau décompte des voix qui attribue 40 voix de trop à Jean Paul Alduy, des fausses signatures pour des électeurs absents mais qui ont miraculeusement voté, sans procuration …
Bourrage d’urne et falsification du Registre d’émargements…
Beaucoup à Perpignan pensent qu’il ne fallait pas en parler, qu’il ne faut plus en parler, que j’ai tort de m’acharner et à reprendre les termes, lourds, de l’arrêt du Conseil d’Etat : « fraude massive ». Une fraude avérée, une fraude jugée, définitivement, mais une fraude qu’il faut maintenant imputer à des auteurs – ceux qui se sont fait prendre (…)
Alors pourquoi ?
Parce que je suis Professeur de Droit et que je crois au Droit et à la Justice. Que si je devais ne plus y croire, je ne pourrais plus l’enseigner à mes étudiants…
Parce que chaque soir depuis plusieurs mois, je suis fascinée devant mon écran par le courage de ces jeunes, et de ces moins jeunes, qui en Tunisie, en Egypte, en Syrie se font massacrer parce qu’ils veulent la démocratie et qu’on veut les faire taire et plier…
Parce je reste sidérée par cette opinion publique qu’on émeut pour un vol ou une casse, mais qui reste soumise aveuglément à des petits chefs qui manipulent la démocratie à leur seul profit personnel.
« Le pauvre Jean-Paul Alduy, il est la première victime de cette affaire… » disent encore certains perpignanais. « Ca lui a brisé sa carrière … » ajoutent-ils.
Voilà.
Pendant ce temps en Syrie, chaque jour qui passe emporte son lot de morts, tués par les forces de répression gouvernementale.
S’ils savaient ce que nous en faisons de la démocratie !!!
24 nov 11
Elle nous a quitté comme à son habitude de manière fine et avec une élégante discrétion.
Son combat pour sa vie, elle l’a fait passer en arrière plan de ses combats pour la vie des autres…
J’avais eu le bonheur de la rencontrer et de discuter avec elle de tout, de rien et de l’essentiel.
La « charte des porteurs d’eau », l’eau qui appartient à tous et n’est pas une marchandise, c’est l’un de ses derniers messages pour l’humanité.
Loin, très loin des appareils de Cour et des « petits arrangements entre amis », elle était la Conscience de Gauche de feu le Président, comme l’a dit Martine Aubry.
Conscience tout court oserais-je dire, conscience humaine dans un monde politique qui a perdu toute humanité.
L’Histoire politique ne retiendra que les anecdotes à l’ombre du Président et les détails croustillants des vies parallèles, mais elle omettra l’essentiel : derrière chaque « grand » homme, il y a une grande Dame et Danièle Mitterrand était une très Grande Dame.
Alors je me permets de vous remercier Madame, merci pour ce que vous étiez et que vous restez à jamais.
11 nov 11
Il n’y a plus de survivant, plus de “poilu” pour déposer la gerbe. Alors, on est allé chercher des enfants de soldats tués en Afghanistan (…)
Alors me reviennent ces mots, ce texte “Ultima Verba”, écrit par Paul Valéry et publié en 1948 :
“Arrête! Arrête-toi! Vainqueur, sur ce moment si haut de la victoire. Prends un temps de silence et te demande ce qu’il te faut penser sur ce sommet, ce qu’il te faut penser qui ne soit pas sans conséquence.
C’est un voeu, un serment, un acte sans retour, un monument de l’âme, et comme une prière solennelle, que tu dois, sur les morts et sur les vivants, prononcer et instituer, afin que ce moment silencieux si beau ne périsse pas comme un autre.
Déclare en toi et grave dans ton coeur :
QUE LE JOUR NE LUISE JAMAIS OU LE SOUVENIR DE CE JOUR DE VICTOIRE PUISSE APPORTER UNE AMERTUME ET UN RETOUR FUNESTE VERS LA PRÉSENTE JOIE ; QUE JAMAIS REVIVANT CE QUI EST AUJOURD’HUI NE TE VIENNE A L’ESPRIT CETTE LOURDE PAROLE :
A QUOI BON ?”